Une école Montessori, une école de commerce, un organisme d’enseignement à distance : trois établissements que rien ne rapproche en apparence, et pourtant un seul texte conventionnel.
Le point commun tient en une formule : aucun d’eux n’est lié à l’État par un contrat. Cette caractéristique, plus que le niveau d’enseignement ou la taille de la structure, détermine la convention applicable. Voici comment la reconnaître et ce qu’elle prévoit.
IDCC 2691 et brochure 3351 : les repères d’identification
La convention collective nationale de l’enseignement privé indépendant date du 27 novembre 2007. Elle a été étendue par arrêtés en 2008, ce qui la rend obligatoire pour tous les établissements de son champ.

Elle s’est longtemps appelée convention de l’enseignement privé hors contrat, appellation encore très répandue dans le secteur. Le changement de nom n’a rien modifié à son périmètre.
Deux références l’identifient au quotidien : l’IDCC 2691, repris dans les déclarations sociales, et la brochure 3351 au Journal officiel.
Les organismes de protection sociale publient par ailleurs des synthèses par branche, comme cette fiche sur la CCN enseignement privé indépendant, qui rassemble les points relatifs à la prévoyance et aux frais de santé du secteur. Le texte officiel reste consultable sur Légifrance.
Un élément d’histoire compte pour comprendre son périmètre actuel : en 2016, dans le cadre de la restructuration des branches, le champ de la convention de l’enseignement privé à distance a fusionné avec celui de l’enseignement privé indépendant, désigné comme branche de rattachement.
Qui relève de cette convention ?
Le critère est simple à énoncer : les établissements d’enseignement privé qui ne sont pas liés à l’État par un contrat conclu dans le cadre de la loi du 31 décembre 1959. La convention couvre le territoire national ainsi que les départements, régions et collectivités d’outre-mer.
Le spectre est large. Écoles, collèges et lycées privés hors contrat, enseignement technique et professionnel privé, enseignement supérieur privé, écoles de commerce ou d’ingénieurs non consulaires, établissements d’enseignement à distance.
⚠️ Les deux confusions à éviter : un établissement privé sous contrat avec l’État ne relève pas de l’IDCC 2691 mais de la convention de l’enseignement privé non lucratif, l’EPNL, portant l’IDCC 3218. Un organisme de formation professionnelle continue relève quant à lui de sa propre convention, l’IDCC 1516. Trois textes, trois logiques, des grilles de salaires différentes.
Le code NAF ne tranche pas la question. Comme pour toute convention, c’est l’activité réelle de l’établissement qui détermine le rattachement, le code attribué par l’Insee n’ayant qu’une valeur indicative.
Trois filières, une classification commune
La convention organise les personnels en trois filières distinctes : la filière administrative et de service, la filière d’encadrement pédagogique et la filière enseignante. Cette architecture reflète la réalité d’un établissement scolaire, où un secrétariat de scolarité, une direction pédagogique et un corps enseignant coexistent avec des métiers sans point commun.
Les règles d’entrée dans l’emploi sont communes aux trois filières. La période d’essai en contrat à durée indéterminée s’établit à deux mois pour les employés, trois mois pour les techniciens et quatre mois pour les cadres, renouvelable une fois dans la limite de sa durée initiale.
Le temps de travail des enseignants, la vraie spécificité

C’est le point sur lequel les litiges se concentrent, et celui que la convention traite avec le plus de précision.
Une heure de cours n’est pas une heure de travail.
Le temps de préparation, la correction des copies, la participation aux conseils de classe et aux réunions font partie de la charge réelle, et la convention en tient compte dans le calcul du temps de travail des enseignants.
Concrètement, la rémunération des enseignants s’appuie sur des coefficients horaires annexés au texte, avec des règles de calcul propres à cette filière. Le rythme de l’activité se cale par ailleurs sur l’année scolaire et non sur l’année civile, ce qui influe sur l’organisation des congés et sur le lissage de la rémunération.
Un contrat d’enseignant rédigé sur un modèle standard passe à côté de la moitié du sujet.
Une branche composée de très petites structures
La physionomie du secteur explique une partie des dispositions conventionnelles. Selon les éléments figurant dans les textes de branche, environ 95 % des entreprises couvertes emploient moins de 50 salariés en équivalent temps plein. Les données de la branche font état d’un peu moins de 65 000 salariés répartis dans quelque 3 400 établissements.
La convention en tire les conséquences. Ses annexes prévoient ainsi des seuils et des taux d’heures supplémentaires différents pour les structures employant vingt salariés ou moins, une adaptation directe à la taille réelle des établissements du secteur.
Côté négociation, la branche reste active : les grilles de rémunération sont révisées par avenants salariaux réguliers, complétés par des accords sur la prévoyance et le régime de frais de santé. Vérifiez toujours le dernier avenant étendu avant d’établir un contrat ou de contrôler une paie, une grille de plus de deux ans étant probablement dépassée.
Dans l’enseignement privé indépendant, la convention n’est pas un document d’archives. C’est un outil de gestion.
FAQ : convention collective de l’enseignement privé indépendant
Quel est le numéro de la convention de l’enseignement privé indépendant ?
Elle porte l’IDCC 2691 et la brochure 3351. Signée le 27 novembre 2007 et étendue par arrêtés en 2008, elle s’applique aux établissements d’enseignement privé non liés à l’État par un contrat, sur le territoire national comme en outre-mer. Son ancien intitulé était convention de l’enseignement privé hors contrat.
Quelle différence avec la convention EPNL ?
La convention de l’enseignement privé non lucratif, l’EPNL, porte l’IDCC 3218 et couvre les établissements privés liés à l’État par contrat. L’IDCC 2691 concerne au contraire les établissements indépendants, sans contrat avec l’État. Les deux textes ont leurs propres classifications, grilles et garanties collectives.
Les organismes de formation relèvent-ils de l’IDCC 2691 ?
Non. La formation professionnelle continue dispose de sa propre convention collective, identifiée par l’IDCC 1516. L’IDCC 2691 vise les établissements d’enseignement, du premier degré au supérieur, enseignement à distance compris depuis la fusion des champs intervenue en 2016.
Comment est décompté le temps de travail d’un enseignant ?
Au-delà des seules heures de cours. La préparation, la correction et la participation aux réunions font partie de la charge de travail prise en compte, et la rémunération s’appuie sur des coefficients horaires prévus en annexe de la convention. Le rythme d’activité suit l’année scolaire plutôt que l’année civile.
Sources
Pour aller plus loin : Convention collective nationale de l’enseignement privé indépendant du 27 novembre 2007 (Légifrance) et Convention collective Enseignement privé indépendant (Code du travail numérique, ministère du Travail).




